À Mont-Tremblant, la police est municipale !

Après l’avoir nié pendant plusieurs mois, la Ville de Mont-Tremblant a finalement reconnu vouloir transférer son service de police municipal à la Sûreté du Québec (SQ). Une demande à cet effet a été formulée au ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP), mais semblerait que la ville n’ait toujours pas reçu de réponse. Toujours est-il que la ville tente désespérément de balayer un conflit de travail du revers de la main en détruisant son service de police municipal de proximité.

Pendant ce temps, la population et les commerçants s’organisent pour faire comprendre aux élus municipaux qu’ils désirent conserver leur service de police municipale de proximité. D’ailleurs, il est possible de signer la pétition pour les résidents et résidentes, les villégiateurs et villégiatrices sont éligibles aussi, dans les lieux suivants de Mont-Tremblant :


Dans ce débat, la FPMQ s’est évidemment positionnée en faveur de maintien du service de police municipal à Mont-Tremblant. Nous avons d’ailleurs produit la note explicative suivante, présentant les principaux arguments en faveur de la desserte municipale.Pour consulter le texte de la pétition. 

En résumé, un service de police municipal est plus à même :

  1. De s’impliquer dans la communauté :

Le Fonds humanitaire de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant, une initiative bénévole des policiers et policières, remet chaque année des sommes importantes pour soutenir la population.

  1. D’offrir des services de police communautaires :

Lorsqu’une policière ou un policier choisit de travailler pour un corps municipal, il finit par s’installer de façon permanente dans sa communauté et s’y impliquer.

  1. D’intervenir le plus rapidement en cas d’urgence en assurant une présence constante sur le territoire :

Les ressources d’un corps policier municipal sont entièrement dédiées à offrir un service rapide et de qualité à la population de Mont-Tremblant.

  1. De sensibiliser les citoyens à l’égard des questions de sécurité :

La relation de proximité qui est développée entre les policières et policiers municipaux et les citoyens, individuels et corporatifs, permet de les sensibiliser sur le long terme.

HISTORIQUE

Les problèmes au service de police de Mont-Tremblant ont débuté au début de 2018, lorsque nous avons dénoncé, avec la Fraternité des policiers et policières de Mont-Tremblant, la possibilité qu’une écoute électronique illégale ait lieu au poste. En effet, le vieux système d’intercom encore présent dans le poste de police permet d’écouter, sans être présent, les discussions qui ont lieu dans le bloc cellulaire et dans la salle des patrouilleurs. La confidentialité des dossiers est compromise par cette possibilité.

La situation est résumée dans cette sortie que nous avons effectuée en mars 2019 pour dénoncer la situation.

Déclaration de la Fraternité et de la FPMQ.

Il est important de rappeler que les premiers griefs déposés dans le cadre de ce conflit étaient les premiers en 10 ans et que la dernière convention collective des policiers a été négociée sans avocats, car il régnait un sentiment confiance entre les deux parties. Sentiment de confiance mis à mal après la découverte par la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant de la possibilité qu’une écoute électronique illégale soit perpétrée dans la salle des patrouilleurs et dans le bloc cellulaire.

Depuis, nous avons appris que la ville préférait transférer sa desserte policière à la Sûreté du Québec plutôt que de trouver une solution au conflit avec les policiers. Comme vous pouvez le constater dans ces deux reportages, c’est la ville de Mont-Tremblant qui a contacté le MSP :

Reportage du 4 juillet de CIME-FM
Reportage du 26 juillet de l’Information du Nord — Mont-Tremblant

Bien que les représentants de la ville de Mont-Tremblant répètent à tous ceux et celles qui veulent bien l’entendre que le processus a été entamé à l’invitation de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, il n’en demeure pas moins que la motivation fondamentale derrière cette demande est de balayer le conflit de travail sous la table.

Malheureusement pour la ville, le nombre de griefs est très élevé dans ce conflit. C’est-à-dire qu’elle a tellement laissé aller le conflit, que la partie syndicale n’a eu d’autres choix que d’utiliser la voie des tribunaux pour se faire respecter. Ces griefs devront être entendus par un juge, peu importe ce qui arrive avec la couverture policière.

Pour illustrer l’ampleur du conflit et le laisser aller de la ville, voici quelques chiffres :

  • 29 policiers (sur 40) se sont vu imposer plus de 50 sentences disciplinaires ;
  • Les principaux motifs pour ces sentences disciplinaires : refus de ranger la table lors des moyens de pression, avoir fermé des portes (salle des patrouilleurs et bureau des sergents) et pour ne pas avoir salué le Capitaine Morand ;
  • 1 grief collectif en harcèlement psychologique ;
  • 46 griefs syndicaux, dont 13 depuis le début 2019
  • 1 policier suspendu sans solde pendant 21 jours pour avoir signalé la possible écoute électronique ;
  • 1 policier suspendu avec solde pendant trois semaines pour une prise de bec avec une employée civile.

En juin 2019, la ville a donné le mandat à une conciliatrice et au chef de police de dénouer le conflit. Bien que l’intention fût louable, aucune entente n’a encore pu être conclue parce qu’ils refusent de discuter du fond du problème. Malgré les deux rencontres de négociations et les échanges téléphoniques qui ont suivi, la ville refuse d’aborder les questions centrales de la confidentialité des dossiers et du transfert à la SQ.

Tant que la ville refusera d’aborder ces questions et celle du harcèlement psychologique répété qui a été perpétré à l’endroit des policiers et policières de Mont-Tremblant, alors qu’ils ont fait leur devoir en dénonçant une possible brèche dans la confidentialité des dossiers traités au poste, il sera impossible d’arriver à une solution négociée.

Il ne faut pas oublier que cette dénonciation avait été effectuée de façon confidentielle à l’employeur, dans le respect de la chaîne de commandement. Il a fallu plus d’un an pour que la Fraternité dénonce publiquement le harcèlement psychologique régulier subit au travail et qui se transporte souvent dans leur vie civile.

En résumé, la ville de Mont-Tremblant s’est empêtrée dans un conflit de travail avec la Fraternité des policiers et policières de Mont-Tremblant et la seule solution que le maire Luc Brisebois voit, c’est de transférer sa desserte policière à la SQ.

La solution était toute simple : les policiers et policières demandaient simplement que la possibilité d’écoute cesse. Alors que la solution aurait coûté quelques centaines de dollars, le conflit a pris une ampleur démesurée.

La ville a choisi d’ignorer une demande légitime pour se lancer dans un conflit de travail qui perdure depuis 20 mois et qui risque d’affecter la sécurité et le bien-être de la population de Mont-Tremblant.

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