Actualités Lettre ouverte des policiers et policières de Mont-Tremblant

Publiée le 15 novembre 2019

Alors que Mont-Tremblant et Lac-Tremblant Nord s'apprêtent à prendre une décision sur l'avenir de leur corps policier municipal communautaire, une quarantaine de policiers et policières signe aujourd'hui cette lettre ouverte pour exprimer leur opposition au projet de destruction du corps policier municipal de Mont-Tremblant.
 

 

Monsieur le maire Brisebois,

Madame la mairesse Meyer,

Mesdames et Messieurs les conseillers et conseillères municipaux de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant Nord,

 

Nous écrivons cette lettre aujourd’hui pour vous exprimer notre opposition au projet de destruction du corps policier municipal de Mont-Tremblant, de notre corps policier. En tant que policiers et policières, nous avons fait le choix conscient de faire carrière pour ce service de police communautaire. Nous aurions très bien pu choisir d’aller travailler à la Sûreté du Québec, mais ce sont Mont-Tremblant et Lac-Tremblant Nord, leur service de police, leurs populations et leurs territoires qui nous ont le plus enthousiasmé.

 

Lorsqu’on choisit une ville et lorsque notre travail est d’en assurer sa sécurité, on y est très attaché. Comme policiers, connaître le territoire que nous devons desservir est un immense avantage puisque ça facilite beaucoup notre travail. Étant policiers auprès d’un corps policier municipal dans un service fondé sur la proximité, nous avons cet avantage. D’ailleurs, nous sommes très fiers de connaître les 250 km2 de la ville de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant Nord. Notre connaissance du territoire fait en sorte que lorsqu’il y a un appel d’urgence nous pouvons le traverser complètement en moins de 15 minutes. Nous refusons de nous retrouver catapultés dans une organisation policière qui va exiger que nous couvrions un territoire 6 fois plus grand que celui que nous couvrons actuellement avec seulement deux policiers de plus. Il nous faudra près d’une heure à le traverser. Il faut savoir qu’avec la façon dont les relèves sont divisées à la SQ, nous serons 8 policiers pour couvrir ce nouveau territoire, alors que nous sommes 6 pour actuellement pour couvrir Mont-Tremblant et Lac-Tremblant Nord. Notre force de frappe sera grandement diminuée.

 

Nous avons aussi peur que, comme à Ste-Marie-de-Beauce, il y ait encore moins de policiers sur place que promis par la SQ, ce qui pourrait mettre en péril la sécurité des citoyens de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant Nord. Rappelons qu’ils s’étaient fait promettre 6 policiers en permanence sur le territoire et qu’aujourd’hui, ils en ont uniquement 2 la nuit. Ça nous désole beaucoup de penser à cela puisque ce sont les citoyens qui en paieraient le prix.

 

Nous aimons travailler près de la population et avec notre communauté. Nous vous le répétons, c’est pour faire ce travail de proximité que nous avons choisi de travailler à Mont-Tremblant. Ici, nous n’avons pas besoin d’un policier-parrain, nous en avons déjà 40 ! Le service de police de Mont-Tremblant, c’est 40 personnes de cœur qui sont impliquées dans la communauté et qui ne veulent que redonner aux gens de leurs villes. Nous sommes très fiers du travail que nous faisons chaque jour. Avec notre Fonds humanitaire, nous avons aidé plusieurs jeunes à s’accomplir. Avec « Servir, protéger, coacher », nous avons pu nous rapprocher de ces mêmes jeunes et leur offrir un soutien constant. Chaque jour, nos policiers sont chargés d’être près des écoles pour assurer la sécurité de tous. Nous ne connaissons pas d’autres endroits au Québec où des policiers sont présents matin, midi et soir près des écoles. Nous formons une très bonne équipe avec les brigadières et nous voulons continuer ce travail.

 

Nous croyons aussi qu’il n’est pas possible d’aborder la question du transfert à la SQ, sans parler du conflit de travail. Nous avons simplement demandé qu’un voyant lumineux soit installé sur les interphones pour que nous sachions lorsque l’écoute est activée. Considérant la teneur des discussions qui ont cours de la salle des patrouilleurs et dans le bloc cellulaire, ce n’est pas une demande extravagante. Notre syndicat était même prêt à s’engager — nous étions prêts à nous engager — à ne pas reconnaître cette réparation comme un aveu de culpabilité dans le dossier disciplinaire de notre collègue. Nous voulons simplement que la possibilité d’être écoutés à notre insu soit enrayée. La solution coûte environ 1 000 $ et aurait pu être mise en place il y a un an. D’ailleurs, nous avions même offert de payer la réparation ! La confidentialité des dossiers et de nos discussions est primordiale à ce que nous puissions bien faire notre travail.

 

Monsieur le maire, Madame la mairesse, conseillers et conseillères, nous vous demandons bien humblement de ne pas aller de l’avant avec ce projet de destruction de notre corps policier municipal. Si vous vous y engagez, l’exécutif syndical de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant va démissionner en bloc. Nous nous trouverons de nouveaux représentants syndicaux et nous pourrons commencer à rebâtir des relations de travail harmonieuses. Nous désirons tous revenir à une paix industrielle, comme celle qui nous a permis de négocier notre dernière convention collective sans la présence d’avocats. Les policiers et policières de Mont-Tremblant vont tout faire pour rétablir le climat de travail, nous nous y sommes engagés cet été, vous n’avez qu’à répondre à l’appel !

 

Au-delà du risque de découverture, de notre attachement à notre ville et nos projets pour celle-ci, au-delà même du conflit de travail qui nous a opposés, nous croyons qu’il n’est pas favorable autant pour les citoyens, les conseillers et les policiers de prendre une décision de façon précipitée. Alors qu’un Livre vert sur la modernisation de la police au Québec sera déposé en décembre et que la ministre s’est engagée à s’attaquer à la question du coût des services de police, pourquoi n’attendez-vous pas les résultats de cette vaste consultation avant d’aller de l’avant ? Quant à l’enjeu du financement des services de police, personne ne sait si la subvention actuellement accordée aux municipalités desservies par la SQ ne sera pas accordée à tous. Ce serait malheureux de prendre une décision irréversible, en fonction de paramètres qui pourraient changer d’ici la fin de l’année ou de la suivante.

 

Vous avez été élus par la population de Mont-Tremblant ou de Lac-Tremblant Nord. Ces personnes ont le droit de choisir le service de police qu’elles veulent. Plusieurs personnes sont même prêtes à assumer une augmentation de leur compte de taxes afin de conserver de notre corps policier municipal, ce n’est pas rien ! Lors des consultations publiques, que l’animateur a rebaptisées « séances d’information », alors que la Loi sur la police utilise plutôt le terme « consultations publiques », la population vous a demandé très clairement de régler le conflit de travail qui traîne afin de conserver son corps policier municipal. Pourquoi ne pas faire un référendum sur la question ? Si le projet n’a pas l’appui de la population, qu’il n’y a pas d’acceptation sociale à la destruction du service de police communautaire, ce ne serait pas une décision qui respecte la volonté de la population qui vous a élue.

 

La population s’est prononcée, nous nous sommes prononcés et maintenant, c’est à vous de jouer. Vous avez le pouvoir de mettre fin à tout ceci en conservant notre corps policier municipal, nous sommes et resterons toujours prêts à discuter pour trouver un point d’entente qui satisfait tout le monde et qui profitera ultimement à tout Mont-Tremblant à Lac-Tremblant Nord.

 

Signé :

Félix Alarie

Dominic Bélanger

Serge-Alexandre Bouchard

Michael Bryar

Eric Cadotte

Anthony Caron

Stephanie Caron

Olivier Chabot

Alain Chamberland

Simon Côté

Baptiste Denutte

Frédéric Deroy

Josianne Deslauriers

Myriam Fréchette

Jérôme Gagnon

Jean-François Giroux

Maxime Gravel

Frédéric Grégoire

Mathieu Hinse

Guillaume Larose

Sonia Lavoie

Julien Leblanc

Steve Lefebvre

Jean Lemieux

Kevin Léonard

José Lévesque

Jérémie Loof

Sylvain Mayrand

Éric Mercier

Lorie-Ann Morin

Alexandre Ouellet

Jérémie Pellerin

Martin Plourde

Julie Pressé

Marie-Pierre Richer

Kaven Roy

Billy St-Jean-Gray

Marie-Ève Tassé-Lafrance

Pascal Thibault

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